Chaque année, les équipements de protection individuelle évitent des blessures plus ou moins graves sur les chantiers forestiers — mais un EPI mal choisi, mal porté ou mal entretenu perd une grande partie de son efficacité. Casque, pantalon anticoupures, gants, chaussures : voici ce que dit la réglementation, comment choisir le bon niveau de protection, et pourquoi l’entretien compte autant que le port lui-même.

Des EPI encadrés par la loi, adaptés à chaque métier

Le Code rural et de la pêche maritime fixe, pour chaque activité forestière, la liste des EPI obligatoires. La conception de ces équipements est elle-même strictement encadrée par des normes techniques.

Ces EPI sont obligatoires pour les professionnels. Pour les particuliers qui interviennent en forêt, il est vivement recommandé de porter les mêmes équipements.

Comprendre les normes NF/EN : ce qui est garanti

 

Une norme est une exigence technique officielle définissant les performances minimales que doit garantir un équipement de protection individuelle destiné aux travaux forestiers — casque, pantalon anticoupures, gants, chaussures, etc.

Elle fixe des critères précis : résistance à la coupure par chaîne de tronçonneuse, protection contre les chocs, la perforation, ou les projections. Le marquage NF/EN atteste la conformité aux règles techniques de conception garantissant que l’équipement protège réellement l’utilisateur selon certaines conditions.

Exemples de normes : EN ISO 11393-2 pour les pantalons anticoupures, EN ISO 17249 pour les chaussures anticoupures.

pantalon anticoupures gris pfanner gladiator 108500 normes EN ISO 11393 classe 1

Décoder les classes de protection : vitesse de chaîne et zones couvertes

Deux classifications différentes se combinent pour choisir le bon équipement anticoupures — il ne faut pas les confondre.

La première concerne la résistance des chaussures, vestes, gants et bottes, classée selon la vitesse de rotation de la chaîne utilisée lors des essais :

  • Classe 0 : 16 m/s (non applicable pour les pantalons anticoupures ni pour les chaussures ou bottes anticoupures)
  • Classe 1 : 20 m/s
  • Classe 2 : 24 m/s
  • Classe 3 : 28 m/s

La seconde, porte sur l’étendue de la zone protégée ainsi pour les pantalons :

  • Type A : 180° frontal + 5 cm à l’intérieur de la jambe droite et 5 cm à l’extérieur de la jambe gauche
  • Type B : 180°frontal + 5 cm à l’intérieur de la jambe droite et 5 cm à l’extérieur et à l’intérieur de la jambe gauche
  • Type C : intégrale 2 jambes
schéma de découpe d'un pantalon anticoupures pfanner gladiator tissu de protection

Quels EPI porter sur un chantier forestier ?

 

Toute personne qui évolue sur un chantier forestier ou sylvicole en activité doit être équipée :

  • d’un casque de protection de la tête ;
  • de chaussures ou de bottes de sécurité, adaptées au terrain ;
  • d’un vêtement ou d’un accessoire de couleur vive permettant aux autres opérateurs de les voir.

Cas particulier : pour les travaux de sylviculture, lorsque la nature des travaux le justifie, les intervenants peuvent être dispensés du port du casque.

Et pour les utilisateurs de scie à chaîne ?

Les travailleurs qui utilisent une scie à chaîne sont équipés, en plus des EPI de base, :

  • d’un écran de protection ou des lunettes contre les projections ;
  • de protecteurs contre le bruit;
  • des gants ;
  • un pantalon ou vêtement similaire permettant de prévenir les risques de coupure propres au type de scie à chaîne utilisé.

Les chaussures et les bottes devront, en outre, être choisies de façon à prévenir les risques de coupure propres au type de matériel utilisé.

Pour les protecteurs contre le bruit, le choix des EPI doit se porter sur les EPI facilitant la communication entre intervenants.

Le cas particulier du conducteur d’engin forestier

 

Pour un conducteur d’engin forestier, les risques sont différents : la cabine constitue une première protection. Les conducteurs d’engins peuvent retirer le casque et les vêtements ou accessoires de couleur vive dans la cabine. Ils doivent en revanche avoir des gants adaptés pour effectuer les travaux de maintenance. Dès qu’ils sortent de leur engin, ils doivent porter les EPI déterminés par l’activité qu’ils vont exercer.

À noter : certains travaux spécifiques (entretien des berges de rivières, élagage en hauteur) peuvent nécessiter des EPI supplémentaires, adaptés au risque réel du chantier.

Un EPI ne protège que s’il est en bon état

 

Un EPI s’use et se détériore : il peut être coupé, déchiré, déformé, impacté, contaminé par des produits, ou simplement perdre certaines de ses propriétés avec le temps. Un pantalon, un casque, des protecteurs contre le bruit ou une chaussure endommagés peuvent ne plus assurer le niveau de protection attendu. Une réparation improvisée peut modifier les caractéristiques de l’équipement.

Chaque utilisateur doit donc vérifier son matériel avant de commencer le travail : état général, déchirures, coutures, attaches, visière, jugulaire, protecteurs contre le bruit, semelles et éléments anti coupure.

 

En cas de doute, mieux vaut retirer l’EPI du service, le contrôler et/ou procéder à son remplacement.

L’entretien : une mesure de prévention à part entière

 

Les équipements doivent être nettoyés et stockés conformément aux instructions du fabricant (d’où l’enjeu de lire la notice fournie), protégés contre l’humidité, les fortes températures, les produits chimiques et toute condition susceptible de les détériorer.

Le casque doit être contrôlé régulièrement et remplacé selon les préconisations du fabricant ou après un choc important. Les protecteurs contre le bruit et oculaires doivent rester propres et en bon état. Les vêtements et équipements anticoupures demandent une attention particulière, une déchirure superficielle peut être réparée sous certaines conditions.

L’entreprise doit organiser le suivi des EPI : identification, utilisation, entretien, contrôles et remplacement lorsque cela est nécessaire. Un registre de suivi est un bon outil de traçabilité.

En résumé

 

Un EPI bien choisi, bien porté et bien entretenu est un EPI qui protège réellement. Avant de démarrer une activité, le réflexe est simple : vérifier son équipement, porter les EPI adaptés à soi-même et au chantier, signaler immédiatement toute détérioration.

Pour aller plus loin

 

Articles du Code rural et de la pêche maritime définissant les EPI obligatoires : R-717-83, R717-83-1, R717-83-2,

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